( AFP / SAMEER AL-DOUMY )
Le produit intérieur brut (PIB) du Royaume-Uni a continué de progresser en août, en hausse de 0,1% malgré les attentes d'une légère contraction, une annonce susceptible de soulager le gouvernement à moins de deux semaines de la présentation du budget.
Après une hausse surprise de 0,4% en juillet, portée par le secteur de l'intelligence artificielle, et de 0,4% en juin (chiffre révisé), la croissance britannique dévoilée jeudi par l'Office national des statistiques (ONS) se montre résiliente.
En amont de la publication, les analystes craignaient pourtant que le PIB se contracte de 0,1% en août.
"Ces chiffres du PIB sont une bonne nouvelle. Malgré les conflits au Moyen-Orient et en Europe, qui touchent des populations partout dans le monde, les données publiées aujourd'hui apportent une preuve supplémentaire de la résilience du Royaume-Uni face à ces chocs mondiaux", s'est félicité le ministre des Finances, John Healey, dans un communiqué.
Le chancelier de l'Échiquier, son titre officiel, doit présenter le 28 octobre le premier budget du gouvernement travailliste d'Andy Burnham, qui a fait de la défense du pouvoir d'achat sa priorité depuis son arrivée à Downing Street en juillet.
M. Healey s'est engagé à respecter une stricte discipline budgétaire afin de rassurer les milieux économiques, qui spéculent depuis des mois tout comme les ménages sur d'éventuelles augmentations d'impôts.
"Il existe une certaine divergence au sein de l'économie, les entreprises affichant de bonnes performances (en partie grâce aux dépenses liées à l'IA) tandis que les ménages se montrent plus circonspects", constate Paul Dales, analyste chez Capital Economics, qui relève aussi une "progression solide" de la production industrielle.
De concert avec celui d'autres pays, le coût de l'emprunt s'est renchéri au Royaume-Uni, illustrant les inquiétudes sur l'inflation liée à l'envolée des prix de l'énergie et la soutenabilité de la dette publique.
Le taux d'emprunt britannique à 10 ans a ainsi enregistré plus tôt en octobre un sommet depuis 2007.
Malgré l'accélération de la hausse des prix en août au Royaume-Uni, à 3,1% sur un an, la banque centrale britannique a maintenu son taux directeur inchangé depuis décembre.
Mais une nouvelle progression de l'inflation "pourrait contraindre la Banque d'Angleterre à relever davantage les taux d'intérêt et exercer une pression supplémentaire sur les ménages et les entreprises", avertit Samuel Edwards, analyste chez Ebury.
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